Cette projection de 5,6 % en 2026 marque une étape importante dans les anticipations macroéconomiques de Bank Al‑Maghrib, après un taux estimé à 4,8 % en 2025. L’institution monétaire souligne que ce regain d’activité s’explique en grande partie par des facteurs climatiques favorables, notamment une pluviométrie qui a permis une forte progression de la production agricole.
Selon BAM, la récolte céréalière de l’année devrait atteindre un niveau exceptionnel, ce qui se traduit par un rebond significatif de la valeur ajoutée agricole, estimée à une hausse de 14,4 % en 2026. Grâce à ce contexte, l’agriculture retrouve un rôle central dans la dynamique économique, après des années de contraintes climatiques.
Mais il ne faut pas réduire cette trajectoire à un seul secteur. Hors agriculture, les activités non agricoles continuent de montrer une vitalité particulièrement soutenue. Portés par une forte dynamique d’investissement public et privé notamment dans les infrastructures économiques et sociales ces secteurs devraient afficher une croissance avoisinant les 4,5 %. Des projets d’envergure dans les transports, les services et l’industrie contribuent à cette vigueur, reflétant une confiance accrue des acteurs économiques.
Il est important de préciser que ces prévisions de Bank Al‑Maghrib vont au‑delà des projections d’autres institutions internationales. Par exemple, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe, quant à lui, une croissance d’environ 4,9 % pour 2026, tout en mettant l’accent sur la nécessité de renforcer les réformes structurelles et d’investir dans le capital humain.
Du côté des décideurs publics, cette perspective offre un levier pour poursuivre des politiques axées sur la stimulation de l’innovation, la diversification sectorielle et la création d’emplois. L’enjeu, pour le Maroc, reste désormais de transformer cette croissance anticipée en croissance inclusive, qui profite à toutes les couches de la société, en particulier les jeunes et les PME. Cela passe par des mesures ciblées en matière d’éducation, d’accès au financement, de digitalisation et de transition vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée.
Pour 2027, Bank Al‑Maghrib prévoit toutefois un certain ralentissement, avec une croissance autour de 3,5 %, notamment en raison d’un retour à une campagne agricole plus moyenne. Ce scénario souligne la forte dépendance de l’économie nationale aux conditions climatiques, tout en rappelant l’importance de renforcer la résilience structurelle.
Si les prévisions de 5,6 % de croissance en 2026 constituent une note d’optimisme pour l’économie, elles doivent inciter à réfléchir à la qualité de cette croissance et à son impact réel sur l’emploi, la productivité et l’inclusion. La balle est désormais dans le camp des politiques publiques pour transformer cette croissance potentielle en progrès tangible et partagé.